La verticale (before)

25 avril

J'ai commencé la collecte des vins pour la verticale de ce mardi 29 avril. Premier arrêt ce jour chez Patrick Charlin, qui du haut de ses actuels 3.5 hectares, a été l'un des seuls "petits" vignerons à jouer le jeu en répondant à notre appel aux dons. Ô bonheur, en ce bel après-midi, de le voir attraper son échelle pour aller à la recherche de quelques échantillons de son Altesse, logiquement rangée en hauteur. Il me glisse quelques mots passionnés sur la foi profonde qu'il a en Montagnieu et son terroir, l'un des plus beaux sur la planète selon lui pour élever l'altesse.

Il me confie ses regrets de voir ceux qu'il appelle des " montagnards" sous-estimer ce cépage en laissant aller jusqu'à 70 hecto, et surtout qui s'abandonnent à la facilité en gardant quelques sucres pour masquer une vivacité qu'ils ne savent pas maîtriser. Il évoque Nicolas Gonin, vigneron et ampélographe, son voisin de l'Isère qui fait revivre les cépages anciens.

Hé, Nicolas, il faut que tu le saches, il me dit : "il m'a redonné la niaque, ce con". On continue à discuter, il m'annonce que la vraie pluie ne viendra pas avant octobre, et si c'est vrai ça signifie que c'est une année à mondeuse pour lui, mais je ne devrais pas le dire parce que sinon les Américains vont débarquer et lui en acheter deux palettes d'avance. On goûte la mondeuse 2005, le nez est sauvage, pur, complexe, un brin illusionniste comme toujours, et je vous jure qu'on dirait que le vin le sait quand on l'interroge du regard.

Puis Patrick remonte sur son échelle, m'offre en plus une altesse 1996 pour la verticale en me promettant la truffe. Il farfouille encore et me met dans les bras 5 millésimes de mondeuse parce qu'il a remarqué que j'étais "un peu triste d'en avoir si peu à proposer". En plus c'est vrai. En partant je me dis, et oui c'est un début de cliché, qu'il est exactement comme ses vins : il ne se révèle pas immédiatement, mais au bout du compte, on n'est pas loin du trésor.

(et ensuite sur le chemin du retour j'ai croisé une cascade émeraude, et deux amants passionnés très épanouis : une glycine et un rosier, entremêlés, irrésistibles)

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